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2016

Revue de presse 2016/07/15 : LNC DES ESSAIMS TRÈS CITADINS

Portés par des établissements scolaires ou des associations, les projets de ruchers se multiplient en ville. Effet de mode ou démarche citoyenne, ces initiatives nécessitent un investissement durable.


Lycée Jules-Garnier, mai 2016. Après la récolte, les élèves ont mis leur miel en pot. Une matinée de dégustation aura prochainement lieu au lycée. Le produit des ventes participera au financement d’un voyage scolaire.
Photos Lycée Jules-Garnier

Ils ont commencé par la fabrication des ruches. Du matériel acheté localement et livré en kit. Une première approche concrète du sujet pour ces élèves de seconde et de première du lycée Jules-Garnier. C’était l’an dernier, à la rentrée 2015, quand le projet a été lancé. Depuis, les enseignants et les élèves qui se sont investis ont bien avancé. « On a été confronté à des stress au départ. Certaines personnes avaient peur que les abeilles rentrent dans les salles ou qu’il y ait des risques d’allergie en cas de piqûres », raconte Xavier Gautier, professeur de sciences de l’ingénierie. Leur première récolte, il y a un mois, a été une belle satisfaction, mais il y en a eu d’autres. « C’est vraiment un projet qui permet de nombreuses connexions. On travaille dans notre jardin de permaculture autour des fleurs mellifères. On réfléchit aussi au packaging du miel avec la section arts appliqués. »

Stagiaire contre miel

Des déclinaisons interdisciplinaires qui intéressent d’autres établissements. Précurseur en la matière, le lycée Saint-Pierre-Chanel a ouvert la voie au Mont-Dore il y a cinq ans. « C’est un très bon support pédagogique. Il y a même des écoles voisines qui viennent faire des visites, détaille Paul Wongsowikromo, chargé de mission à l’éducation au développement durable au vice-rectorat. Lorsqu’une entreprise reçoit un stagiaire en formation, on les remercie avec du miel de cette production. »

A la rentrée prochaine, c’est le collège de Koutio qui devrait se lancer. « Un atelier scientifique existe déjà. Les élèves construisent une ruche qui sera présentée dans le cadre de la Fête de la science, explique la principale adjointe. L’an prochain, les élèves de CAP et de Segpa envisagent l’installation d’une ruche sur notre terrain horticole. »

Si ces projets bénéficient d’une bonne image, ils supposent en revanche un investissement notable des personnes qui s’en occupent. Une logistique qui se heurte aux réalités du calendrier scolaire. A Jules-Garnier, l’essaim a par exemple dû être placé en gardiennage pendant la période de vacances. Fort de cette première expérience, Xavier Gautier estime cependant que le projet devrait continuer de se développer cette année.

Et ils ne sont pas les seuls à y croire. Dans certains quartiers de la ville, des habitants se lancent aussi. L’idée a émergé au sein du conseil de secteur sud en juillet 2015. Quartier ciblé : Tuband. « Les travaux devraient commencer à la fin du mois de septembre, assure Corinne Cherrier, chargée de mission démocratie participative. Il est prévu, à terme, d’installer cinq ruches derrière la maison de quartier, mais on commencera par trois. » A Tindu, les habitants s’y sont mis il y a plus de deux ans. Malgré quelques déboires, des vols de matériel ou de miel notamment, le projet résiste. « Il reste encore trois ruches sur les cinq posées au départ », reprend Paul Wongsowikromo.

« S’entourer des bonnes personnes »

En plus de son travail en milieu scolaire, ce dernier intervient aussi à la demande d’associations. « Certaines personnes se sont mises à faire des bougies, on a aussi pu former des gens aux métiers de l’apiculture. Cela peut aussi être un complément de revenus. »

Une dynamique qui s’applique aussi aux particuliers. Et c’est une bonne chose d’après Paul Wongsowikromo, qui s’est lui-même lancé dans l’aventure il y a sept ans. « C’est une belle promotion de la biodiversité. On verra dans dix ans où en sont ces ruchers, mais le tout, c’est de s’entourer des bonnes personnes. D’être bien suivi au démarrage. »

D’autres émettent plus de réserves. « C’est dans l’air du temps, un effet de mode. Mais les gens ne respectent pas toujours les bonnes pratiques, estime Jean-Luc Chanier, président de l’association des apiculteurs de Nouvelle-Calédonie depuis 2002. C’est la vie des abeilles qui est importante. Il ne faut pas prendre une ruche et l’abandonner après comme certains le font avec un chien. »

40 kilos

C’est la quantité de miel récolté par les élèves du lycée Jules-Garnier en mai. Près de 25 élèves participent deux fois par semaine aux ateliers organisés sur le temps de midi.

Repères

Comment faire ?

Si un particulier ou une association souhaite se lancer, plusieurs étapes doivent être respectées. Pour commencer, inutile d’installer une ruche s’il y en a déjà une à proximité. Les abeilles ne doivent pas être trop nombreuses sur un même territoire. Il est ensuite conseillé de faire appel à un support technique, auprès d’une association par exemple. Il faut respecter des normes de sécurité, comme une certaine distance de sécurité avec le voisinage. Il est également préférable que la ruche soit exposée au soleil. Il faut enfin déclarer sa ruche à la Davar, un simple formulaire est à remplir en ligne.

Combien ça coûte ?

Il faut compter 22 000 francs pour une ruche d’entrée de gamme. Ce à quoi s’ajoute le prix de l’essaim, environ 20 000 francs. Il est aussi indispensable de s’équiper d’un filet, de gants et d’un lève-cadre. Il est en revanche possible de se faire prêter un extracteur grâce au réseau des apiculteurs.

Stéphanie Chenais

Mise à jour : 5 septembre 2016

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