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Revue de presse 2016/10/15 : LNC L’IDÉE EST D’INSTAURER UN BAC FRANCO-AUSTRALIEN

Visitée cette semaine à Canberra par la délégation calédonienne, la Telopea Park School, un établissement jumelé avec le collège Baudoux et le lycée Garnier à Nouméa, est un espace étonnant. Rencontre avec le proviseur français.


Emmanuel Texier est le proviseur français de la Telopea Park School depuis 2012. Photo Y.M.

ENTRETIEN avec Emmanuel Texier, proviseur de la Telopea Park School

Les Nouvelles calédoniennes : Quels sont aujourd’hui les échanges avec la Nouvelle-Calédonie ?

Emmanuel Texier : Nous avons actuellement un échange avec le collège Baudoux, qui a démarré cette année avec des 5è et des 6è. Un autre a débuté il y a deux ans avec des première du lycée Garnier. Il se trouve aussi que nous allons accueillir des élèves de seconde du lycée Lapérouse dans quelques semaines. Pour des échanges, d’une classe à classe. Nous avons également la possibilité, à travers l’appariement signé l’année dernière qu’un élève de chez nous ou de Nouvelle-Calédonie vienne dans l’autre établissement, accueilli pour une période peut-être un peu plus longue cette fois, trois semaines à un mois d’immersion. Et nous envisageons quelque chose de similaire au niveau des professeurs. Nous sommes là sur un autre niveau. Un enseignant d’ici pourrait partir en échange en Nouvelle-Calédonie, pendant qu’un professeur calédonien serait reçu en Australie.

Est-ce déjà programmé ?

Ce n’est pas encore programmé, mais il y a des discussions. Et en dessous de tout cela, il y a la création d’un OIB, ou option internationale du baccalauréat, et une section internationale franco-australienne. La Nouvelle-Calédonie était pilote sur ces sections, puisqu’un accord a été signé avec le ministre australien il y a quelques mois. Tout cela est en train d’évoluer, d’être repris dans un cadre national. Nous, nous sommes preneurs de ces sections internationales franco-australiennes, et notamment dans le cadre de notre partenariat avec le collège Baudoux, section qui va commencer à la rentrée 2017.

En schématisant, qu’est-ce qu’un bac international ?

Il existe beaucoup de bacs internationaux. Il existe le bac franco-anglais britannique en partenariat avec l’université de Cambridge.

De même, un bac franco-américain. L’idée est d’intégrer dans le programme du baccalauréat français des éléments du programme australien, notamment en histoire-géographie. Avec un enseignement dispensé par des professeurs australiens. Cela a du sens, maintenant que l’Australie prend sa place dans le monde et que les liens entre la France et l’Australie sont de plus en plus forts, d’avoir un diplôme qui renforce les relations entre nos deux pays.

Quel est le calendrier ?

Les sections internationales devraient normalement démarrer en Nouvelle-Calédonie dès février 2017.

Nous, nous attendons l’autorisation au niveau national. Nous sommes prêts et nous espérons pouvoir échanger entre notre établissement et le collège Baudoux dans le cadre de cette section internationale.

Que retiennent globalement vos élèves de ces déplacements en Nouvelle-Calédonie ?

Tout d’abord, pour les élèves australiens de souche et non francophones, il y a bien sûr l’aspect linguistique, c’est-à-dire le fait de vivre dans une famille francophone pendant quelques jours ou semaines. Enfin, au-delà de tout cela, car nous avons aussi des élèves francophones, il y a un aspect culturel très fort. Je crois beaucoup à ces échanges culturels. Il y a la culture kanak, mais aussi propre à la Nouvelle-Calédonie, il y a la culture australienne, aborigène, la culture anglo-saxonne… et le mélange de tout cela donne une ouverture exceptionnelle à nos élèves et aux élèves de Nouvelle-Calédonie. Tout cela leur donne un bagage très fort pour attaquer le supérieur et leur vie d’adulte.

Formule originale

En 1983, la France et l’Australie, dans le cadre d’un traité, décidèrent de créer une section franco-australienne au sein d’un établissement public australien pour scolariser les élèves de la section « kindergarten » - l’équivalent d’une grande section - jusqu’à l’année 10 - équivalente à une classe de seconde -. Le lycée franco-australien de Canberra, établissement public binational, venait de naître au sein de « Telopea Park School », école publique de Canberra. Pour beaucoup, c’est « aujourd’hui un outil d’influence incomparable dans un environnement anglo-saxon ». La scolarisation en français débute, dans la plupart des cas, dans une école maternelle franco-australienne privée (FAPS) et se poursuit, pour certains, jusqu’à la terminale sur le site de Narabundah College. De la cinquième à la seconde, un cursus traditionnel cohabite avec le dispositif bilingue, alors qu’en primaire, toutes les classes sont bilingues français-anglais.

L’école dépend du ministère de l’éducation du Territoire de la capitale australienne (ACT). L’établissement est homologué par le ministère français de l’Education nationale.

Yann Mainguet

Mise à jour : 5 novembre 2016

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